Ce dernier chapitre traite des méthodes de mise à disposition du public. La troisième étape a permis de créer une base de données qui peut être exploitée de différentes manières. Pour déterminer la méthode la plus adéquate, il importe de faire le lien avec les publics cibles identifiés (voir chapitre 2), les intérêts de ces publics cibles, les ressources à disposition, et les choix techniques réalisés en matière de numérisation (voir chapitre 3). Pour ce choix de méthodes de mise à disposition, la question de l’écodesign est également centrale. A qualité égale, il importera de choisir l’option la moins impactante en termes d’énergies et de ressources.
Il existe différentes options de mise à disposition du public. De manière générale, les projets Time Machine portent en priorité sur des outils numériques, mais ils ne sauraient s’y limiter. Ainsi, des modes hybrides sont possibles (outils numériques et analogiques).
Le meilleur choix se détermine en prenant en compte trois dimensions: i) Adéquation par rapport aux publics cibles et à leurs envies ii) Durabilité du projet (accès durable/impact écologique) iii) Ressources financières/techniques
Les possibilités numériques englobent par exemple:
À ces options numériques viennent s’ajouter des mises en valeur analogique (par exemple maquette/images imprimées).
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En plus d’un outil de mise à disposition (par exemple un site internet, voir chapitre 5), la durabilité d’un projet Time Machine se jauge également à la mise à disposition des données utilisées dans le projet. Cette étape pose toutefois la question du choix d’une licence d’utilisation. Ces questions sont à discuter avec les bailleurs de fonds du projet. Les porteurs du projet doivent notamment décider s’ils veulent permettre une réutilisation commerciale de leurs travaux, ou s’ils les limitent à des utilisations non commerciales. S’y ajoutent des questions sur le droit de modifier/adapter les ressources, et sur l’obligation de citer les sources (attribution). Les licences d’utilisation «Creative Commons» permettent un choix en accord avec la décision prise.
Le choix de la licence «Creative Commons» repose sur une combinaison de 4 paramètres (6 possibilités au total):
Le site internet «Creative Commons» guide ce choix de licences 10. Le choix de licence devra être communiqué de manière visible sur l’ensemble des supports du projet (en apposant les sigles choisis sur un site internet par exemple).
L’association Valais Wallis Time Machine recommande l’utilisation de la licence Creative Commons BY-NC-SA (obligation d’attribution aux créateurs, pas d’utilisation commerciale et obligation de partage dans les mêmes conditions).
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Les porteurs de projets Time Machine doivent toujours penser à leurs publics cibles. Si cette obligation parait aisée en théorie, la tâche se complique rapidement dans la pratique. Les équipes ont une tendance naturelle à penser connaitre leurs publics et à considérer que ce qu’elles trouvent intéressant le sera forcément pour d’autres (voir chapitre 2). Pour déterminer la meilleure méthode de mise à disposition, il faut se baser sur les informations récoltées dans la consultation des publics cibles (voir chapitre 2) et les intégrer dans une stratégie de médiation pour le projet. La ou les personnes responsables de cette médiation doivent alors chercher les meilleures options pour atteindre les publics cibles et leur transmettre de manière accessible le contenu préparé. Quelle que soit l’option retenue, il faut chercher à la tester le plus rapidement possible. Des esquisses dessinées/des pages d’essai, des versions «test» du produit, permettent ainsi de mettre les futurs utilisateurs dans une situation proche de la réalité et de tester leur comportement/réaction. Selon une approche de design agile, ces tests rapides et répétés permettent d’identifier rapidement des mauvaises pistes et de corriger le tir. L’erreur serait d’attendre un outil «parfait» pour commencer à le tester concrètement avec les publics cibles.
Assurer la durabilité générale du projet, nécessite de se projeter dans une perspective de long terme en matière d’accès aux résultats. Il s’agit d’une part d’assurer la mise à disposition dans un temps long (le plus long possible), et d’autre part de limiter l’impact négatif de certains choix de design. Ainsi, l’équipe devrait viser une mise en œuvre peu gourmande en énergie et capable de rester durablement accessible.
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Lors de la réalisation de projets Time Machine, l’équipe dispose d’un panel d’outils technologiques pour mettre à disposition le contenu créé. Certains de ces outils ont des niveaux de maturité différents. Un site internet réalisé avec un éditeur déjà adopté par des millions d’utilisateurs n’est pas comparable à un outil de pointe, utilisé de manière presque expérimentale. L’équipe de projet doit effectuer une pesée d’intérêts, notamment à la lumière de son ambition de durabilité. Il est ainsi crucial de se demander si les outils technologiques (hardware/software) utilisés pour le projet ne risquent pas d’être remplacés ou rendus obsolètes rapidement. Comme il est difficile de prédire l’évolution des technologies récentes, il est conseillé de se tourner vers des outils et plateformes qui ont atteint un niveau de maturité et d’adoption suffisant sur le marché. En effet, ces derniers résisteront mieux à un remplacement rapide qui rendrait le projet vulnérable aux évolutions technologiques futures. De plus, les efforts investis pour assurer la durabilité et l’interopérabilité des données (voir chapitre 3) diminuent les risques de voir l’entier du projet devenir inutilisable.
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