Ce premier chapitre porte sur les choix généraux que l’équipe du projet doit réaliser. Ces choix structurels permettent d’esquisser la colonne vertébrale du projet: quelle est la «raison d’être» du projet derrière laquelle les membres de l’équipe peuvent se retrouver? Ce chapitre doit s’utiliser de manière itérative: les réponses apportées et les choix effectués devront parfois être adaptés et révisés au cours du projet. De nombreux choix généraux vont dépendre de réflexions et de décisions portant sur les étapes ultérieures du projet. Il est crucial que les membres du projet – idéalement tous – prennent le temps de lire l’entier de ce guide pour se familiariser avec toutes les questions pertinentes. Cette phase de réflexion structurelle est l’occasion pour les différents partenaires du projet de réfléchir ensemble au projet et de développer ainsi une compréhension commune des attentes et des objectifs de chacun-e. Il est recommandé de documenter les discussions et les décisions prises à chaque étape du projet, par exemple sous forme de court procès-verbal mentionnant les décisions prises et les arguments évoqués pour les justifier afin de pouvoir s’y référer en tout temps.
Cette section porte sur l’équipe en place pour porter le projet Time Machine. Un projet de ce genre se caractérise par un important travail historique, une nécessaire expertise numérique et un ancrage régional, souvent au contact des institutions publiques (villes/cantons) et des publics cibles. L’équipe du projet se doit de refléter ces différentes compétences. L’équipe doit la plupart du temps s’adjoindre les services de partenaires externes (mandataires). Pour les projets valaisans, l’association Valais Wallis Time Machine peut offrir un soutien spécifique aux équipes 4.
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En plus d’une compétence générale de gestion de projet, un projet Time Machine a besoin d’au moins six types de compétences qui peuvent être réparties sur différentes personnes.
Il est courant dans les projets Time Machine de faire appel à des prestataires de service externes pour différentes tâches du projet (par ex. numérisation). Il est crucial de s’assurer de la pérennité et de la disponibilité du prestataire lui-même sur le long terme. La question de la dépendance aux partenaires externes pour les questions technologiques (notamment en cas d’évolution de la technologie choisie) est cruciale pour la bonne marche à moyen et long terme du projet.
Les personnes impliquées dans des projets Time Machine soulignent de manière unanime la nécessité d’investir du temps au début du projet pour définir les objectifs, aligner les attentes et les possibilités de chacun-e des membres, ainsi que des mandataires les plus importants. Ainsi, la discussion sur les publics cibles et les grandes étapes du projet doit être menée avec l’ensemble de l’équipe. Ces discussions initiales poursuivent deux objectifs principaux:
Il est essentiel que chaque membre puisse s’exprimer librement sur les défis repérés. Ces discussions représentent un premier test de faisabilité pour le projet.
Une fois posée la direction générale du projet, il est important d’intégrer rapidement une expertise technique pour juger de la faisabilité technique du projet (si celle-ci n’est pas représentée dans l’équipe du projet). Cette expertise technique porte à la fois sur les défis de numérisation (voir chapitre 2), sur la création d’une base de données structurées adaptée au projet (voir chapitre 3), et sur la manière de rendre accessibles les résultats (voir chapitre 4). L’objectif principal consiste à évaluer les besoins et les coûts des solutions techniques envisagées.
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Un projet Time Machine vise à atteindre certains publics cibles. Clarifier le plus tôt possible qui sont les publics visés, quelles sont leurs attentes, leurs habitudes de consommation de contenu et comment les atteindre est l’un des points les plus importants du projet. Attention à ne pas se limiter à des généralités et à vouloir toucher «tout le monde», «la population» ou «le plus possible de monde ». Les publics cibles identifiés pourront évoluer au fur et à mesure du projet, mais il est essentiel de les mettre clairement sur papier au début du projet. Il est également crucial d’identifier ce qui poussera un type de public particulier à venir découvrir et redécouvrir le projet.
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Les projets Time Machine peuvent viser différents publics cibles. Certains projets ont un but avant tout pédagogique et ils sont destinés aux élèves de l’école obligatoire. Ces projets doivent donc mettre en avant une manière de communiquer adaptée à leur public et facilement intégrable dans un programme scolaire. Des contacts préalables avec les instances scolaires sont indispensables afin de tester la viabilité du projet et de l’intégrer dans les plans d’études pertinents. Un dossier pédagogique devra également être préparé. D’autres projets visent un public averti ou spécialisé, en se focalisant sur une ressource historique spécifique (par exemple en lien avec un domaine d’activités). Pour ce genre de projets, il est essentiel d’investiguer de manière précise ce que souhaitent ces communautés de passionné-es. Finalement, certains projets proposent un pan d’histoire régionale qui peut intéresser une large partie de la population. Mais là aussi, il importe d’identifier les groupes de population à atteindre en priorité. Ainsi, les habitant-es d’un quartier, les passionné-es de patrimoine régional ou les milieux immobiliers pourraient être intéressés à un projet de reconstruction d’une ville au 19ème siècle. Il est essentiel de consulter ces publics cibles pour vérifier ces hypothèses et améliorer la connaissance disponible sur les publics cibles.
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Après avoir défini et priorisé les publics cibles, l’équipe du projet doit se poser deux questions principales: comment améliorer le niveau de connaissance sur les attentes des publics cibles et valider les choix réalisés (voir c)? Comment définir si et quand le projet sera une réussite (voir d)? Les deux questions permettent à l’équipe de clarifier ses objectifs généraux.