Ce second chapitre porte sur la préparation des sources documentant le patrimoine culturel, c’est-à-dire l’ensemble des informations sur lesquelles se construit le projet de Time Machine. Ce matériel patrimonial est identifié, collecté puis numérisé et traité via des outils numériques. Ce chapitre est celui des spécialistes d’histoire et des spécialistes d’humanités numériques. Sous l’angle des bonnes pratiques de durabilité, ce chapitre pose deux questions principales: les défis spécifiques à différents types de sources historiques (voir a) et les défis liés à la numérisation (voir b).
Un projet Time Machine se construit sur un ensemble de sources documentant le patrimoine culturel visé. L’approche générale décrite ici est compatible avec une multitude de sources différentes.
De manière schématique, les sources du projet pourraient ainsi être issues:
Chaque source pose des défis propres en matière de durabilité. Néanmoins, ces défis ne sont pas directement liés à un projet Time Machine qui veut avant tout exploiter certaines sources. Selon les sources considérées, les politiques institutionnelles traitent des défis de durabilité. À titre d’exemple, les services d’archive publics ont développé des guides de bonnes pratiques pour garantir la conservation, la sécurité et l’accessibilité des documents et des ressources qu’ils possèdent. Pour les fouilles archéologiques, les questions de durabilité sont également bien traitées par la littérature spécialisée vi. Pour un projet Time Machine, la question de la proportionnalité des efforts déployés doit être au cœur des réflexions quant à l’opportunité de réaliser des fouilles archéologiques.
Le cœur d’un projet Time Machine consiste à exploiter des ressources patrimoniales numérisées à des fins de visualisation, animation ou encore interaction avec des publics cibles. Le passage des ressources patrimoniales à un ensemble de ressources numérisées est un passage clé. Il s’agit de transformer, par exemple, des documents écrits, des photographies, ou des plans cadastraux en données numériques qui pourront ensuite être exploitées de manière automatisée. La phase de numérisation porte donc seulement sur la capture d’une réalité analogique (par ex. un texte) sous forme d’une série de représentations numériques (des données). Sur cette base, il s’agit ensuite d’interpréter ces données (chapitre 4).
Vue d’ensemble des étapes – à chaque étape ses défis techniques propres!

Cette phase de numérisation est une phase sensible d’un projet Time Machine. D’une part, elle exige des ressources importantes (temps/argent) et, d’autre part, elle doit être vue comme une étape servant l’objectif général. Elle exige donc de savoir où aller et comment y aller. Avant de prendre une décision générale de numérisation, il faut travailler dans une logique d’échantillon fonctionnel. L’équipe du projet doit pouvoir tester le parcours d’un contenu numérique à travers toutes les étapes du projet. Cet échantillon fonctionnel doit également permettre de tester si l’équipe possède toutes les compétences nécessaires à cet effort de numérisation. Elle peut ainsi tester si ses compétences sont disponibles dans l’équipe ou s’il faut d’adjoindre les services d’un mandataire. Finalement, il importe que le processus de numérisation respecte les bonnes pratiques techniques du domaine. À ce titre, l’État du Valais a formulé un guide des bonnes pratiques pour la numérisation 6. Dans ce guide, l’État du Valais définit les principes de gestion des documents : assurer l’authenticité, la fiabilité, l’intégrité ainsi que l’exploitabilité des sources. Il propose une méthode qui permet de classer les documents, contrôler l’accès aux dossiers, maitriser la masse des documents ainsi que conserver et mettre en valeur les archives sur le long terme.
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Le processus de numérisation soulève plusieurs risques importants. Avant toute chose, l’équipe doit vérifier que le contenu requis n’existe pas déjà sous une forme numérique. Si le besoin de numériser est confirmé, le risque principal porte sur une numérisation qui serait inutile, car inadaptée aux exigences du projet. L’équipe doit donc: a) Clarifier les exigences techniques des phases successives (=> quelles exigences doivent-elles être remplies pour la suite du projet?) b) Vérifier que les documents numérisés et les données soient exploitables de manière automatisée c) Considérer toutes les sources de données potentiellement exploitables et pas uniquement celles qui sont le plus facilement exploitables / numérisables car déjà structurées (par ex. les documents cadastraux ou les registres de population).
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